Hebdo 39 Lons-le-Saunier

Agriculture : à quand une véritable production locale ?


  • Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne et son homologue départemental, Nicolas Girod.
  • Une salle à l'écoute de leurs dirigeants et représentants.
Lors de son assemblée générale s'étant déroulée dernièrement à Tourmont, les membres de la Confédération paysanne du Jura étaient réunis autour d’un seul but : faire progresser leur projet d’agriculture paysanne sur les territoires et dans leurs filières. Laurent Pinatel, porte-parole national, était présent sur place. Morceaux choisis.

La Confédération d’agriculture paysanne du Jura et ses quelques 100 adhérents, majoritairement issus du comté, sont en plein chantier et souhaitent tout mettre en œuvre pour que ses représentants soient entendus et compris. Selon leur porte-parole départemental et syndicaliste, Nicolas Girod, le plus gros chantier pour eux est et demeure l’accès au foncier. Ce dernier regrette que cela ne soit pas une priorité pour tous et craint pour l’avenir quand les paysans actuels partiront en retraite.
« Nous travaillons sur l’accès aux terres pour les paysans » explique-t-il.
« Nous voulons plus d’implantations afin de garder nos coopératives vivantes ».
Ce dernier s’inquiète fortement sur le fait que si une seule personne part d’une coopérative, tout un équilibre peut se briser et ainsi mettre en péril la coopérative dans son intégralité, faisant par conséquent perdre sa spécificité à ses comtés et donc au Jura.

Collaborer avec les Safer sur les projets d’installation

La Confédération d’agriculture du Jura et son porte-parole départemental souhaite collaborer avec les Safer, Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural afin de limiter les agrandissements des bâtisses et des entreprises et favoriser l’installation des jeunes tout en protégeant l’environnement.
« Nous devons veiller à limiter les agrandissements des fermes si nous voulons toujours créer un projet » développe Nicolas Girod, pour qui « Le gros projet de l’année sera de monter un réseau de paysans ».
Il est appuyé par son homologue national Laurent Pinatel qui lui emboîte le pas  :
« Nos fermes ne sont pas des usines. Nous ne voulons pas de fermes usines car elles vont nous détruire ».

Se faire entendre à deux ans des élections de la Chambre d'Agriculture

« La Chambre d’Agriculture reste l’organisme et l’interlocuteur principal pour tous les paysans. Nous voulons être plus représentés pour faire avancer nos idées » avoue sans la moindre gêne, le porte-parole jurassien Nicolas Girod.
« Nous voulons faire avancer les choses sur le comté, les installations, le foncier, mais aussi la formation agricole » précise celui-ci.
C’est dans cet objectif de se faire entendre que la Confédération paysanne a décidé de mettre en avant ses doléances sur l’alimentation et ainsi toucher un maximum de personnes.

« Redonner la parole aux paysans »

« Nous souhaitons une recréer le lien entre les citoyens et le monde paysan. Il faut subventionner une agriculture qui se recentre. Nous avons besoin des consommateurs » observe Nicolas Girod.
Pour ce fervent combattant d’une production agricole plus locale, plus proche du terrain, il faut stopper le financement grâce à la PAC, Politique Agricole Commune, d’une agriculture exportatrice et plutôt se recentrer sur une politique locale, en proposant des circuits courts, du bio ou de la vente directe notamment.
« Il faut redonner un sens à notre métier et se rappeler que nous sommes présents pour nourrir et non pour exporter.  Nous souhaitons distribuer l’argent de la PAC autrement c’est-à-dire plutôt à l’actif qu’à la production et ainsi recréer un lien sur le territoire » conclut-il.
« Nos doléances publiées ne sont pas la fin de notre réflexion sur l’alimentation, elles en sont même le début !Elles sont là pour faire le lien entre la politique agricole et la politique alimentaire » développe le porte-parole national Laurent Pinatel. Lequel revendique « Les aliments de nos consommateurs ne doivent pas se faire dans des usines. L’agriculture a changé et ils ne s’arrêteront pas là, si nous ne réussissons pas à nous parler et à nous faire entendre ».

« Nous ne pouvons pas accepter une agriculture à deux volets ! »

Le message du porte-parole national est clair il ne veut pas d’une agriculture à deux volets : une qui propose de « la bonne bouffe », les petites fermes qui proposent du local, du bio ; et celle qui propose de « la mauvaise bouffe » sous entendu, avec une agriculture industrielle.
« Il nous semble important de repartir de l’alimentation et du besoin alimentaire. Je ne suis pas sûr que la belle idée de la France gastronomique puisse exister encore bien longtemps avec une telle volonté d’industrialiser l’agriculture. Nous sommes pour une grande plate-forme citoyenne paysanne et ainsi retrouver notre rôle. Nous voudrions atteindre une autonomie alimentaire et redonner de la dynamique à l’économie avec des emplois locaux » soulignait-il devant les adhérents jurassiens.


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