Hebdo 39 Lons-le-Saunier

Jura : Macron noté 2 sur 20 par l'U2P !


  • L'U2P déplore que le gouvernement ne soutienne pas (assez) l'économie de proximité dans les territoires ruraux.
Les artisans, commerçants et professions libérales du Jura ont établi un bilan de la première année passée sous le gouvernement Macron. Leurs conclusions sont très critiques. Détails.

C'est une conférence particulière à laquelle la presse était conviée vendredi dernier, dans les locaux lédoniens de l'U2P Jura, union des entreprises de proximité regroupant la CAPEB, la CGAD, la CNAMS, la CNATP, l'UNAPL, et qui représente pas moins de 8000 entreprises locales.

Sur place, une dizaine de chefs d'entreprises jurassiennes, représentants de leurs branches professionnelles respectives, venus là "noter l'effet des décisions du gouvernement sur les TPE jurassiennes et sur l'économie de proximité". 

"Nous avons réalisé une analyse objective, sans aspect politique" précisait en préambule Yves Brelot.

Le résultat de la notation fut sans appel, livrant la note finale de 2 sur 20 à cette première année d'exercice du pouvoir pour Emmanuel Macron et les siens.

"Les TPE du secteur classique et les territoires ruraux sont ignorés, boudés. Il vaut mieux être une startup parisienne pour être aimé du gouvernement. Ce ne sont pas les déclarations d'amour qui comptent, mais les preuves... et là on a la preuve que le gouvernement ne nous soutient pas !" observaient les vice-présidents de l'U2P.

 

Les nouvelles mesures qui alimentent la grogne

 

C'est par le biais d'un inventaire à la Prévert qu'on été passées en revue les principales mesures récemment mises en place. Parmi elles beaucoup ont été rabrouées.

A commencer par le prélèvement à la source qui impose de nouvelles responsabilités (et du travail supplémentaire non rémunéré) aux chefs d'entreprises. Lesquels en ont profité pour marteler leur slogan : "gérer les feuilles d'impôts, c'est pas mon boulot" !

Idem pour la réforme de l'assurance chômage qui fragilise les petites entreprises, offre aux indépendants des droits à l'indemnisation ridicules (800 euros par mois, pendant 6 mois !) mais surtout, d'après les concernés "favorise les plus malins, et pas ceux qui en ont le plus besoin"...

"Cette réforme est contraire à l'intérêt des entreprises, elle incite au tâcheronnage, elle déstructure l'emploi du cadre fiscal et social salarié, au profit d'un recours de plus en plus fréquent à l'auto-entreprenariat (souvent du salariat déguisé) qui paupérise les sous-traitants. C'est un mauvais choix que celui pour lequel a opté le gouvernement, qui incite à une société du self-employment, sorte de loi de la jungle où règnent des problématiques de dumping social ou de concurrence déloyale" expliquaient les intervenants.

 

 

"La réforme du RSI ? On a juste changé le nom, ôté la pancarte et offert la gouvernance à l'URSAAF : un Etat dans l'Etat !"

 

Point d'orgue de ce réquisitoire, le chapitre dédié à la réforme du RSI, énoncé par François Jouvenceau pour qui "rien n'a changé".

"La réforme du RSI ? On a juste changé le nom, ôté la pancarte et offert la gouvernance à l'URSAAF : un Etat dans l'Etat ! Il n'y a aucun interlocuteur identifié, pas de médiateur local, les plateformes téléphoniques se renvoient la balle, avancent des délais de traitement de plusieurs semaines, donnent des réponses floues, évasives ou contradictoires (quand elles en donnent...). Ainsi, l'interlocuteur qu'est le petit artisan, qui a souvent bien d'autres choses à penser, se retrouve sans aucun pouvoir d'agir, de résoudre son problème, ou de contester ce mode de fonctionnement purement inacceptable de la part de ceux qui vivent grâce à nos cotisations... La seule réponse franche et claire que l'on a, quand on ose signaler notre mécontentement, c'est une menace de dépôt de plainte ! Même le Préfet ne peut agir. C'est dire si ces gens-là font ce qu'ils veulent, comme ils veulent" s'indignait, à juste titre, le président de la CAPEB Jura.

En "off", d'autres témoignages effarants venaient confirmer les nombreux dysfonctionnements constatés...

 

Deux bons points, quand même...

 

Après avoir vilipendé la politique de santé et les centaines d'emplois de proximité menacés, ou la nouvelle limitation à 80 km/h, "mesure contre les territoires ruraux estimée à 11 % de baisse du chiffre d'affaire pour les professionnels de la route et qui apporte un risque accru de perte d'emploi pour nos salariés qui pourtant, ne sont pas des délinquants", l'assistance insistait sur un dernier point noir : la réforme de la formation professionnelle et de la justice.

"Les CFA de proximité, comme celui de Gevingey qui compte 800 élèves par an, ne doivent pas être fragilisés. C'est l'avenir de nos jeunes jurassiens qui est en jeu ! Il en est de même pour la justice qui doit rester une justice de proximité et ne doit pas devenir inaccessible, sauf par internet".

Bon écho toutefois pour la loi travail "qui offre plus de sécurité aux entreprises, permet de passer des accords dans les TPE, et donc se révèle au final comme un processus gagnant-gagnant". Ou encore le transfert des cotisations sociales vers la CSG.

"C'est une demande qui est faite depuis des années par les entreprises à forte intensité de main d'œuvre. La mesure est bonne pour les salariés. Elle annonce sans doute la fin du paritarisme pour la gestion de l'assurance chômage"  tempéraient la dizaine de petits patrons présents.

 

 

 

 

 

 

 


Twitshot
Commentaires

Pas de commentaire



Les articles de la semaine

Traque à la délinquance autoroutière

Vigilance et répression Immigration, sécurité routière, stupéfiants, fraude administrative... Les services de l'Etat sont sur tous les fronts.
Publié le 21/05/2018



Bloc-notes

RCL

Publié le 21/05/2018

CHEZ TITOUNE

Publié le 21/05/2018

L'EDGAR

Publié le 21/05/2018


Les journaux partenaires

© 2013-2018 Hebdo 39 Lons-le-Saunier • Tous droits réservés • Réalisation : Jordel Médias
Plan du siteMentions légales