Hebdo 39 Lons-le-Saunier


La santé doit-elle devenir rentable ?


"La vie n'a pas de prix, mais la santé a un coût..."

Une maman obligée de traverser l’hôpital de la Timone avec son bébé mort dans les bras. Une femme de 73 ans, décède dans un brancard, victime d'un arrêt cardiaque après 2 heures 30 d'attente. Leana, 19 ans, succombe des suites d’une otite, malgré deux visites aux urgences...

Quotidiennement ou presque, de nouveaux épisodes viennent illustrer la flagrante déficience dont souffre chaque jour davantage, notre système de santé. Un état de fait aussi dramatique qu'intolérable en France en 2018, notamment quant aux moyens, humains et financiers, alloués à la prise en charge qui ne cessent de s'amoindrir.

En cause, des histoires de gros sous : de réduction du déficit, de maîtrise des coûts, "d'optimisation et de mutualisation" imposée des moyens. 

Pour preuve, le gouvernement souhaite ramener le déficit de la Sécurité sociale à 2,2 milliards d'euros, notamment grâce à 1,6 milliard d'économies dans les seuls hôpitaux. Ce qui laisse envisager un avenir bien sombre pour l'avenir de notre service public, contraint et forcé qu'il est désormais, d'adopter le strict mode de fonctionnement d'une entreprise privée.

Seul problème (et de taille !) : de même que la vie n'a pas de prix, la santé, comme tout ce qui touche à l'humain, n'a pas a être ni devenir "rentable"...

 

Le début de la fin d'un système...

 

Conséquences de cette pression budgétaire permanente : le personnel soignant est surchargé, à la limite de la rupture, en souffrance permanente. Du coup, les patients s'énervent, certains deviennent insultants, agressifs estimant être mal soignés, peu écoutés. L'effet domino est lancé. La gestion comptable de l'humain trouve ici ses limites.

"Depuis près de 20 ans, tous les gouvernements ont tiré sur la corde, ont imposé des réductions d'effectifs et de moyens. Voilà aujourd'hui où l'on en arrive... A force de subir des cadences infernales, à provoquer involontairement de la maltraitance sur les patients les plus fragiles. Simplement par négligence, due au manque de temps. On se trompe, on bâcle les toilettes, il y a des traitements intervertis entres voisins de chambre, car il faut aller plus vite, trop vite...

Pour ceux qui ne peuvent pas manger par leurs propres moyens, les cachets restent quelquefois dans le verre. Alors on est tous de plus en plus tendus. Les soignants car ils souffrent et les patients ou leurs familles car ils ne sont pas convenablement pris en charge. Certains ont faim, froid, mal.. Ils angoissent et personne ne leur répond. Face à cette dégradation de la prise en charge que l'on constate partout en France, j'ai choisi de quitter ce milieu et de changer de métier" explique une représentante syndicale jurassienne, en proie à une crise de conscience.

 

"L'obligation de devoir faire plus avec moins"

 

Même s'ils ne cautionnent pas tout et réfutent quelques-uns des éléments avancés ci-dessus, les responsables des diverses directions hospitalières de la région concèdent cependant d'une seule et même voix :

"On note effectivement une montée de l'agressivité des patients, notamment depuis un ou deux ans. Il faut dire que beaucoup (près de 40% des entrées) viennent aux urgences pour des cas bénins. Parmi eux, de plus en plus de gens s'énervent quand ils ne sont pas pris en charge assez rapidement... Du côté des soignants, le mal-être qu'ils évoquent peut s'expliquer par un choc de réalité. Car le métier se révèle parfois en décalage par rapport à l'image que l'on s'en est construite plus jeune. Cette confrontation  brutale est régulièrement à l'origine de déceptions, de remises en questions, ou de démissions".

Parallèlement, des responsables de service reconnaissent qu'ils ne vivent pas toujours bien "l'obligation de devoir faire plus avec moins". Mais que cela "fait aussi partie du métier".

 

"De l'argent public, il y en a beaucoup plus qu'on ne veut bien le dire. Tout dépend à quoi et comment souhaite-t-on, ou non, le dépenser..."

 

Et ceux-ci de soulever, lucidement, une interrogation récurrente de leur part :

"Les individus qui estiment attendre trop longtemps aux urgences, seraient-ils prêts à payer plus d'impôts pour être pris en charge plus rapidement ? Car d'un autre côté, ce sont souvent ceux-là que l'on croise le lendemain faire la queue pendant deux heures devant une boutique de téléphonie, pour aller s'acheter le nouvel iPhone qui vient de sortir..." commente un chef de service, non sans un humour pragmatique.

Ce à quoi un représentant des usagers, piqué au vif, réplique :

"Quand les hôpitaux seront correctement organisés, j'accepterais volontiers de payer encore plus cher d'impôts. Mais pour le moment, non. Il faut dire la vérité : les hôpitaux n'ont jamais reçu autant d'argent public, pour une qualité qui s'est effondrée depuis quinze à vingt ans. Que tout le monde se (re)mette vraiment au travail : politiques, personnels médicaux, responsables des établissements et des organismes de santé. Et l'on avancera vers du mieux pour tout le monde... De l'argent en France, il y en a. De l'argent public, il y en a même beaucoup plus qu'on ne veut bien le dire. Tout dépend à quoi et comment souhaite-t-on, ou non, le dépenser...".

Justement, tout le problème est là... 

 

 

Ce qu'en pensent les élus....

 

 

Patrick Elvezi, président du Pays lédonien : "Je déplore cette situation anormale où des gens restent sans généraliste lorsqu'un médecin part en retraite et n'est pas remplacé"

 

"Au niveau d'Ecla, l’Agglomération n'a pas la compétence santé. Mais cette thématique nous concerne et nous avons des idées...

Le Pays lédonien a été contacté par l'Agence Régionale de Santé pour porter le prochain contrat local de santé, actuellement en place sur la seule ville de Lons. Le bilan montre qu'il faut raisonner sur l'ensemble du Pays lédonien. Dans certaines circonstances, des médecins de Bletterans soignent des gens de Prénovel / Les Piards ! On se doit d’œuvrer à des réflexions plus importantes en terme d'aménagement du territoire, d'orienter notre politique locale en relation avec la problématique santé.

Actuellement, nous travaillons sur la revitalisation du bourg centre, en ayant pleinement conscience que la médecine doit y être intégrée au même titre que les logements ou les commerces.

Le constat de la démographie médicale laisse apparaître qu'il y a des difficultés criantes de répartition de la patientèle et des compétences. C'est aussi la responsabilité des différentes professions médicales, il nous faut travailler de manière plus fédérative sur ces sujets.

Une communauté professionnelle doit se constituer, avec pour but d'assurer la continuité du service public de soins. Cette communauté regrouperait les différents intervenants du corps médical (infirmière, kiné, médecin, aide à domicile...) serait interlocutrice des élus et permettrait de faire face, ensemble, aux grands défis qui nous attendent : dossier médical partagé, ordonnance dématérialisée, télémédecine... Mais la médecine est une discipline très libérale ! Et parfois, ça coince...

Nous sommes en 2018, mais beaucoup de gens se retrouvent encore très isolés, parfois la seule personne qu'ils voient de toute la journée est celle qui livre les repas.

Je suis étonné de constater qu'encore aujourd'hui, un pharmacien n'arrive pas à déchiffrer une ordonnance. Je déplore cette situation anormale où des gens restent sans généraliste lorsqu'un médecin part en retraite et n'est pas remplacé... Même s'il reste toujours des marges de manœuvre d'équilibre territorial, comme avec la maison médicale de Bletterans.

Il nous faut faire le lien avec Saint-Amour, Arinthod, Orgelet. En cela, le maire ou le conseiller départemental doit être un acteur".

 

 

Danielle Brulebois, députée de la 2ème circonscription jurassienne :"Les médecins sont aussi responsables de l'offre de soins de leur territoire"

 

"Il est vrai que le Jura comme beaucoup de départements ruraux est en train de devenir un territoire compliqué en terme d'offre médicale. Mais nous avons des pistes pour endiguer cette tendance.

D'abord concernant les médecins généralistes, nous incitons financièrement les jeunes à venir s'installer dans notre département, où il règne une incontestable qualité de vie. Car contrairement à l'image qu'il véhicule parfois, le Jura n'est pas un désert !  Eux-mêmes le disent lorsqu'ils y viennent faire des stages pratiques dans leurs dernières années d'études. Mais cela ne suffit pas toujours.

Les nouveaux médecins veulent aujourd'hui avoir une vie normale : des horaires raisonnables, une vie de famille, pouvoir compter sur une secrétaire pour l’administratif... 

Et on peut les comprendre. C'en est fini du médecin de campagne comme je l'ai connu en Bresse, il y a des dizaines d'années.

C'est pourquoi il nous faut agir pour le regroupement des professions de santé. Mais pour cela, faut-il encore que tous veuillent travailler ensemble, ce qui n'est pas toujours le cas...

Je n'hésite pas à l'affirmer : les médecins sont aussi responsables de l'offre de soins de leur territoire.

D'un point de vue idéologique, je pense que la santé n'a pas à être rentable. Mais d'un autre côté on ne peut plus non plus laisser filer la dette des hôpitaux... Dette que la T2A (tarification à l'activité : mode de financement des établissements de santé français issu de la réforme hospitalière du plan Hôpital 2007 NDLR), a littéralement plombé !

Et puis, l'on pourra bientôt compter sur la télémédecine, qui va pouvoir solutionner quelques carences que nous rencontrons aujourd'hui.

Nous nous devons de faire en sorte que la santé soit assurée partout et pour tout le monde sur l'ensemble du territoire. Ce qui est, je crois, encore le cas aujourd'hui".

 

 

Jean-Baptiste Gagnoux, maire de Dole et Conseiller départemental : "On assiste à une situation de dérapage où le silence de l'Etat est complice"

 

"Actuellement, on assiste à une situation de dérapage où le silence de l'Etat est complice.

Localement, l’hôpital de Dole est comme l'immense majorité des hôpitaux en déficit. Il n'en demeure pas moins, que la direction, moi-même et mon adjoint à la santé Pascal Jobez, nous nous battons constamment pour enrichir les spécialités de médecine qui n’existaient plus.

Ainsi, en 2017, 18 nouveaux médecins sont arrivés à l’Hôpital avec notamment la relance de la gastro-entérologie. Nous développons une nouvelle stratégie : celle de la coopération avec l’Hôpital de Besançon-Minjoz. Des partenariats sont en cours et ils sont efficaces pour garantir une offre de santé de proximité. Il n'en demeure pas moins que l'Agence Régionale de Santé reste très active pour réduire les dépenses...

Cela conduit parfois à des difficultés de fonctionnement majeures. Je prône davantage de coopération entre les hôpitaux et une réforme du système car celui en cours n'est pas tenable dans le temps."

 

Marie-Christine Dalloz, députée de la 2ème circonscription jurassienne : "le fonctionnement des services d'urgence n'est pas satisfaisant, ni pour les patients, ni pour les personnels soignants"

 

"Il y a beaucoup à dire sur l'état de notre système de santé en général et plus particulièrement en milieu rural.

Je constate moi aussi régulièrement lors de mes permanences, l'inquiétude légitime voire la colère des patients, qu'il s'agisse de visites auprès de spécialistes qui se raréfient au fil des années, ou de la permanence des soins au niveau hospitalier.
En effet, le fonctionnement des services d'urgence n'est pas satisfaisant ni pour les patients ni pour les personnels soignants. A plusieurs reprises, j'ai été confrontée à cette réalité...
Cette situation est d'autant plus incompréhensible que le budget de la sécurité sociale n'est pas remis en cause si ce n'est par un encadrement de ONDAM (objectif national des dépenses d'assurance maladie).
Pour l'Hôpital de Saint Claude, il faut noter que le service d'urgences est maintenu fort heureusement, le service des dialyses également, mais il reste deux services menacés : la chirurgie et la maternité.

Ce qui compte tenu des distances et des risques de circulation hivernale ne sera pas sans conséquence en matière de sécurité ou d'attractivité de ce territoire et à terme, sur l'avenir de ce centre hospitalier.    
Quant à l’implantation de médecins généralistes, de dentistes sur nos territoires, il faut admettre que les politiques incitatives pour l'installation de ces professionnels par des mesures fiscales ne sont pas concluantes et qu'il faut organiser territorialement une offre de soins de qualité.

Malheureusement, cette mesure ne se fera pas du jour au lendemain. Même si cela devient pressant..."

 

Jean-Louis Millet, maire de Saint-Claude : "La fermeture de services majeurs à l’Hôpital de Saint-Claude est dramatique"

 

"Dans un pays où il y a tout pour bien faire nous sommes en train de vivre un retour au Moyen Age sanitaire avec les décisions prises par les Agences Régionales de Santé concernant les hôpitaux de proximité, une proximité présente dans tous les discours mais que l’on détruit quotidiennement dans les actes. Il est vrai que les décisions sont prises par des « urbains » qui n’ont que faire de la ruralité...

A quoi sert-il de déplorer les déserts médicaux si c’est pour en créer de nouveaux, et bien plus importants, avec la fermeture de services majeurs dans nos hôpitaux de proximité ?

Le Centre hospitalier Louis Jaillon de Saint-Claude, qui a toujours été reconnu comme exception géographique compte tenu de son isolement, va subir dès le mois d’avril la fermeture de sa maternité (pour la pédiatrie c’est déjà fait) et la fin de la chirurgie en H24 pour la transformer en simple chirurgie ambulatoire deux jours seulement par semaine.

Cela va obliger patients et futures mamans des villages Haut-Jurassiens à faire en hiver jusqu’à deux heures d’ambulance pour être pris en charge par l’hôpital de Lons qui n’arrive déjà pas à faire face... Et encore, à condition de trouver une ambulance disponible !

L’ARS elle-même reconnaît que l’offre ambulancière est actuellement insuffisante et les entreprises de transports sanitaires s’inquiètent des conséquences du supplément d’activité auquel elles ne pourront pas répondre...

Cela est dramatique. Des malades n’arriveront pas vivants au bout du voyage ou y parviendront avec un état de santé aggravé. Des bébés ne verront pas le jour. Et ne parlons pas des patients qui ne seront même pas acheminés faute d’ambulance !

Quant aux urgences, quelle sera leur efficacité en l’absence de chirurgie ? C’est la raison du combat que je mène avec le Comité de soutien de l’hôpital de Saint-Claude et les élus du Haut-Jura soutenus par toute la population.

Que l’on veuille réorganiser est une chose. Que l’on se voile la face sur ce qui va se passer est invraisemblable. L’aveuglement quant aux conséquences est effrayant. Il y aura de la casse humaine et ce ne sera pas faute d’avoir alerté !

Depuis deux ans je prêche seul dans le désert à toutes les réunions avec l’ARS. Depuis un an le Comité de soutien de l’hôpital particulièrement actif et toute la population du Haut-Jura crient au désastre annoncé, mais il n’est de pire sourd qui ne veut entendre...

La raison avancée pour ces fermetures, d’abord financière, a ensuite pris prétexte d’un manque d’activité puis de la fragilité de certains praticiens. Pourtant quand le salarié est mauvais on change le salarié, on ne ferme pas l’usine !

Lourde sera la responsabilité de celles et ceux qui ont décidé ou validé cette réorganisation, comme à cette réunion du Comité Territorial des Elus du Groupement Hospitalier de Territoire du Jura qui a entériné comme un seul homme ce Projet médical « partagé ? » le 26 février dernier à Lons le Saunier. Cela, avec une seule voix contre, la mienne.

Bientôt beaucoup n’auront que leurs yeux pour pleurer. Mais cela importe peu à certains élus et haut-fonctionnaires, fiers d’avoir « rationalisé » (mot magique) l’offre de santé".

 

 

Du côté de l'Agence Régionale de Santé...

 

Contactés par notre rédaction, les services de l'Agence Régionale de Santé ont accepté de répondre (au moins partiellement et plus ou moins précisément) à quelques-unes de nos questions.

 

Quels moyens sont mis en place afin de lutter contre la désertification médicale qui frappe de plein fouet le Jura, à l'image des nombreux départements ruraux du pays ? 

Garantir un égal accès aux soins dans les territoires constitue l’une des priorités de notre politique de santé. Le plan présenté par le Gouvernement à l’automne s’articule autour de quatre axes prioritaires :  
D'abord accroître le temps médical et soignant. Ensuite, mettre en œuvre la révolution numérique en santé pour abolir les distances. Egalement favoriser l’organisation des professionnels de santé pour assurer des soins coordonnés et apporter une réponse aux demandes de soins non programmés. Enfin, construire et innover sur le territoire en partant des initiatives locales.
L’ARS s’est engagée sans délai dans la déclinaison de ce plan. Elle poursuit notamment la dynamique qu’elle anime depuis plus de 10 ans avec l’accompagnement de l’exercice coordonné (maisons de santé : on en compte une vingtaine dans le Jura), mais également le développement de la e-santé (télémédecine : télé-expertise et téléconsultation ;  une quinzaine de sites de télémédecine sont recensés -ou vont démarrer - dans le département autour de la télédermatologie, télécardiologie…)
Par ailleurs, les aides versées par l’Assurance Maladie pour favoriser le maintien et l’installation de médecins dans les zones sous-denses ont été renforcées en 2017. Elles peuvent atteindre 50 000 € pour l’installation d’un médecin.
Ces aides sont réservées aux zones en tension identifiées dans une cartographie que la Bourgogne-Franche-Comté est l’une des premières régions de France à avoir publié, il y a quelques semaines.
Applicable aux médecins, ce nouveau zonage remplace l’ancien dispositif qui s’appuyait sur des données devenues obsolètes. 
Désormais, les zones éligibles aux aides conventionnelles dites « zones d’intervention prioritaires » représentent près de 22 % de la population en Bourgogne-Franche-Comté contre 12 % auparavant. S’y ajoutent des zones qualifiées de « zones d’action complémentaires » représentant près de 46 % de la population régionale, dont le degré de fragilité est moindre, et qui bénéficient de dispositifs d’aides mis en œuvre par l’Etat.

 

A la suite des départs en retraite de praticiens, bon nombre de personnes aujourd'hui ne trouvent plus de médecin généraliste capable de les intégrer à leur patientèle...  Que leur faut-il faire face à cet état de fait ?  
Le plan prévoit d’assouplir différents dispositifs réglementaires et de donner une plus grande liberté aux acteurs du territoire pour mettre en place des expérimentations.
Ainsi, les règles régissant le contrat de médecin adjoint permettant à des internes de venir suppléer des médecins vont être assouplies, tout comme le dispositif du cumul emploi-retraite des médecins. Les expérimentations comme celles du « cabinet éphémère » à Pontarlier sont encouragées au titre d’initiatives exemplaires des acteurs du terrain qui se mettent autour de la table pour construire des solutions partagées.
Des consultations avancées de médecins hospitaliers seront par ailleurs proposées au sein de cabinets médicaux ou maisons de santé. Enfin, de nouvelles formes d’exercice se développent et permettent notamment de la délégation de tâches entre professionnels de santé : ce sont les protocoles de coopération, qui donnent aux médecins la possibilité de dégager du temps médical en délégant certains actes à d’autres professionnels de santé (infirmières, orthoptistes…).

 

Comment se fait-il que les délais de prise en charge aux urgences des différents centre hospitaliers dépassent parfois 3 à 4 heures ? Est-ce acceptable en France en 2018 ? 
Il ne s’agit pas de délais de prise en charge mais de durées de prise en charge, et de durées moyennes.
La durée de prise en charge comprend le temps d’attente, le temps d’examen clinique et d’examens radiologiques ou biologiques, le temps d’attente d’un lit l’hospitalisation ou d’un transport pour le retour à domicile. Elle varie en fonction du motif d’entrée, de la complexité de la prise en charge et de la disponibilité d’un lit d’hospitalisation. Elle est souvent plus longue chez une personne âgée qui nécessite d’être hospitalisée, notamment en situation de tension liée à une épidémie.
Toute personne arrivant aux urgences est vue dans les plus brefs délais par une infirmière ou un médecin d’organisation de l’accueil. Le degré d’urgences est immédiatement évalué. Une urgence vitale n’attend pas.

 

Quelles autres solutions s'offrent aux publics (notamment les plus fragiles) qui ne peuvent obtenir un rendez-vous chez un spécialiste avant parfois un an ? (Dermatologue, ophtalmologue, etc. ?) 
La mise en place progressive de protocoles de coopération doit permettre aux médecins de gagner du temps médical et ainsi de réduire les délais de rendez-vous. Dans notre région, 27 protocoles sont d’ores et déjà autorisés dans les domaines de l’ophtalmologie, la vaccination, la santé mentale, les greffes, la radiologie, la cancérologie, et d’autres actes techniques…

La télémédecine permettra également de raccourcir les délais de rendez-vous : les expérimentations actuelles enregistrent des délais de réponse inférieurs à 7 jours tout en évitant un déplacement des populations les plus fragiles.

 

Justement quelles sont les spécialités les plus rares sur le département, et comment comptez-vous infléchir la tendance ?

Tout comme les autres départements de Bourgogne-Franche-Comté, le Jura est touché par la problématique de la démographie médicale, quelle que soit la spécialité. 
Pour faire face à ces difficultés, l’ARS met en œuvre les différentes actions prévues en particulier dans le plan d’attractivité à l’hôpital (avec des primes d’engagement dans la carrière hospitalière pour les médecins), et dans le schéma régional des ressources humaines en santé.

Ces actions définies en partenariat avec l’ensemble des acteurs concernés se poursuivront dans le cadre de notre Projet Régional de Santé, qui sera arrêté au printemps. Une véritable politique d’accompagnement des futurs professionnels de santé a été définie : parcours régional à l’installation, modules de formation, bourse à l’emploi…

L’ARS travaille également en collaboration avec les Universités et la Région pour adapter les quotas de formation médicale et paramédicale aux besoins et développer une offre de formation pour les futurs dentistes en l’absence de faculté d’odontologie en Bourgogne Franche- Comté.


En savoir plus (listes des communes de votre département situées en zones d’intervention prioritaire ou complémentaire) : 
https://www.bourgogne-franche-comte.ars.sante.fr/lars-elargit-les-zones-eligibles-aux-aides-linstallation-de-medecins


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