Hebdo 39 Lons-le-Saunier


Un site protohistorique de première importance

  • Une équipe scientifique et technique a pu se constituer autour de l’association de l’Oppidum afin de coordonner et mettre en œuvre un programme de recherches d’ampleur inédite. La réunion d'information était animée par (de gauche à droite): Jean Michel, Mélissa Coelho, Franck Ferrand, Clément Pernot, Jean-Charles Arnaud, André Alix, Florent Torres, François Chambon, Renato Saleri, mais aussi l’archéologue David Louyot (pas présent sur la photo mais par visioconférence). © Weezual / Association de l'Oppidum.
  • Une équipe scientifique et technique a pu se constituer autour de l’association de l’Oppidum afin de coordonner et mettre en œuvre un programme de recherches d’ampleur inédite. La réunion d'information était animée par (de gauche à droite): Jean Michel, Mélissa Coelho, Franck Ferrand, Clément Pernot, Jean-Charles Arnaud, André Alix, Florent Torres, François Chambon, Renato Saleri, mais aussi l’archéologue David Louyot (pas présent sur la photo mais par visioconférence). © Weezual / Association de l'Oppidum.
  • "Cette étude a été réalisée grâce à l’implication forte de Franck Ferrand, de son association et de toute une équipe qu’il a su mobiliser autour de lui pour partager cette cause qui nous unit tous : celle de mettre en avant l’existence d’un trésor archéologique de premier niveau sur le site de Chaux-des-Crotenay", déclarait Clément Pernot. © Weezual / Association de l'Oppidum.
  • Extrait d'un cliché LiDAR situé au secteur Nord du plateau. © Association de l'Oppidum.
Une réunion d’information sur les premiers résultats de l’étude de territoire réalisée autour de Chaux-des-Crotenay au moyen de la technologie LiDAR se tenait mercredi 28 mars dernier à Champagnole. C’est l’association De l’Oppidum, présidée par Franck Ferrand, qui était chargée de l’organisation de cette restitution en liens étroits avec ArchéJuraSites et la Communauté de communes Champagnole Nozeroy Jura. Détails.

Un programme de recherches d’ampleur inédite
C’est grâce au soutien financier de Jean-Charles Arnaud et à celui de l’association ArchéoJuraSites, qu’une équipe scientifique et technique a pu se constituer autour de l’association de l’Oppidum afin de coordonner et mettre en œuvre un programme de recherches d’ampleur inédite.
« Le travail mené depuis plus d’un an l’a été par une équipe constituée par l’association de l’Oppidum -  association créée spécifiquement pour mener cette étude - avec notamment l’architecte François Chambon grand spécialiste de poliorcétique, avec Diego Mané, Sandie Sinapayel, Jean Michel de l’association ArchéoJuraSites. Dans cette équipe figure au premier rang le laboratoire MAP-Aria unité du CNRS abritée par l’école nationale d’architecture de  Lyon, représenté par Renato Saleri, par Mélissa Coelho et par Florent Torres, mais également le cabinet de géomètres SINTEGRA qui a permis de recueillir toutes les données ainsi que l’association ArchéoJurasites, représentée par son président André Alix et enfin l’archéologue David Louyot  », soulignait Franck Ferrand en préambule.
Cette étude globale de territoire est réalisée grâce au moyen de la technologie LiDAR comprenant « la numérisation, la modélisation géométrique avec des outils numériques des objets patrimoniaux au sens large tels que les édifices, les monuments ou des portions de territoire », explique Renato Saleri. « Pour mettre en 3D ces objets patrimoniaux, nous utilisons les nouvelles technologies qui permettent d’effectuer des relevés d’une très grande précision ».

Un périmètre centré sur le plateau de Chaux-des-Crotenay
« On s’intéresse à un territoire qui est centré sur le plateau de Chaux-des-Crotenay. Au total, les clichés ont couvert un ensemble de 25 communes dont la très grande majorité se situe sur la Communauté de communes Champagnole Nozeroy Jura. Au total cela représente une superficie de 120 km². On a inclus dans cette une étude une petite exception avec le Mont Rivel car il nous paraît très important d’établir un lien entre ce petit oppidum d’origine protohistorique et le plateau de Chaux-des-Crotenay. On a ainsi commencé sur un secteur de 40 km² dont 15 km² ont déjà fait l’objet d’une analyse très détaillée », précise François Chambon.

Des résultats révélant l’existence d’un site protohistorique de première importance
S’appuyant sur les contextes historique, géographique, géologique, toponymique et archéologique connus, les premiers résultats de l’étude, permettent d’identifier et surtout de confirmer, un peuplement de ce plateau au moins depuis la protohistoire.
L’analyse diachronique des traces et vestiges visibles au LiDAR met ainsi en évidence l’organisation d’un vaste territoire aménagé par l’Homme. Elle poursuit et complète les reconnaissances effectuées par André Berthier et ses équipes. D’après François Chambon, « l’analyse révèle un paysage composé d’enclos, de constructions, sans rapport avec une activité agricole, qui s’articulent autour d’un espace aujourd’hui occupé par des champs et des pâtures. Ce « vide » est délimité par des tronçons de murs imposants et par des rebords de falaises présentant de nombreuses constructions anthropiques, dont la nature et l’usage restent à déterminer ».

Une agglomération fondée bien avant la conquête de la Gaule par César
La typologie des vestiges relevés et observés ne semble correspondre à rien de médiéval ou de gallo-romain. Tous les éléments disponibles permettent d’envisager l’existence d’une agglomération fondée bien avant la conquête de la Gaule par César.
C’est ainsi qu’afin d’appréhender le potentiel de ce patrimoine archéologique indubitable, la comparaison de sa superficie a été effectuée avec d’autres sites issus du corpus Oppida lequel recense les 172 plus importantes agglomérations protohistoriques européennes.
« 
Pour l’heure, la surface intra-muros étudiée, évaluée à 156 hectares, placerait ce site en 16ème position européenne et 5ème française. Si l’on considère l’ensemble du plateau et ses 980 hectares défendus par les obstacles naturels, il deviendrait alors le premier 1er site français et le 3ème européen !  Dans tous les cas, cet éperon barré naturel de Cornu – du nom d’un des lieux-dits qui le composent – recèle un potentiel archéologique majeur d’ampleur nationale et européenne », conclut Franck Ferrand.

La réaction de Clément Pernot, Président du conseil départemental et de la Communauté de communes Champagnole Nozeroy Jura :
« Cette étude a été réalisée grâce à l’implication forte de Franck Ferrand, de son association et de toute une équipe qu’il a su mobiliser autour de lui pour partager cette cause qui nous unit tous : celle de mettre en avant l’existence d’un trésor archéologique de premier niveau sur le site de Chaux-des-Crotenay. 
Je suis particulièrement heureux de la tenue de cette réunion et de ces conclusions. Aujourd’hui grâce à l’intervention d’un certain nombre, derrière le travail d’ArchéoJuraSites, on a aujourd’hui la preuve, validée par un archéologue confirmé, que le site de Chaux -des-Crotenay est un site archéologique majeur. Avec cet OPUS 1, qui sera suivi d’autres rapports comprenant de nouveaux partenaires comme les institutions, nous serons dans l’obligation de continuer le travail tel qu’il a été fait jusqu’ici.  
Au nom du Conseil départemental, au nom des élus intercommunaux, vous pouvez être certains de notre volonté de nous impliquer à vos côtés pour rentrer dans la finalisation du travail pour mettre en lumière le site de Chaux-des-Crotenay.
J’ajouterai que puisqu’il s’agit d’un site majeur, nous engagerons toutes les démarches pour préserver pleinement ce site. C’est de notre responsabilité.
»


Et maintenant… !

À la lumière des relevés LiDAR qui complètent les observations d’André Berthier  réalisées depuis les années 60, un rapport conséquent et détaillé de cette étude est en cours de finalisation. Il sera délivré aux autorités archéologiques et politiques d’ici fin avril. Prenant appui sur ce dossier, une demande d’autorisation de sondages et de fouilles sera déposée. Ce sont les seuls moyens de prendre la réelle mesure de l’ensemble de ces vestiges.

Compte tenu de l’investissement financier et en termes d’énergie que représente cette étude, celle-ci se développera sur plusieurs tranches successives de 2017 à 2024. Dans le même temps, au vu de la richesse exceptionnelle du site, l’équipe de recherche a bien l’intention de s’ouvrir à de nouvelles compétences.

Mais la première urgence est de protéger le patrimoine ancien de ce territoire fragilisé par l’absence de mesures appropriées.


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